« J’entendais derrière la porte close du bureau l’incessant tapotis de la machine à écrire jusqu’à tard le soir, jusqu’au moment où je me risquais dans l’antre pour faire le baiser de nuit à mon papa qui semblait trôner, souriant, régnant sur un monde hétéroclite fait de portraits, d’aquarelles, de piles de livres, de revues, d’armoires pleines de coquillages, de dents, de fossiles, de collections de pipes, allumettes, boîtes de cigares, et de tas d’objets étranges d’origines lointaines. »
Christophe Temple, fils du poète, 2010
Une longue vague porteuse

Peu pressé de crier « Terre ! », Frédéric Jacques Temple surfe sur Une longue vague porteuse, ce carnet de bord d’un voyageur, d’un humaniste, d’un collectionneur de sables, de livres, de coquillages, d’un chercheur d’or, d’un traducteur, d’un découvreur, d’un éditeur à ses heures, d’un éternel enfant au passage des baleines, d’un coutumier des îles, d’un lecteur.
Des « tiroirs de la mémoire », l’écrivain ressort des photos de Cendrars, une visite à Faulkner ou l’image du Négus, son conducteur de char pendant la Seconde Guerre mondiale. Il prend aussi le temps de rendre hommage aux amis disparus : Jean Carrière, terrassé par le Goncourt, ou Lawrence Durrell, son voisin installé à Sommières. Temple a beaucoup voyagé au temps des paquebots traînards et se souvient, par bribes, du Montpellier de son enfance, de la blancheur d’Alger ou de Nantucket, sur les traces de Melville. Une ode pour honorer la vie et « vivre en état permanent de partance ».







