Communauté de lecteurs et de soutiens
Cet homme qui ressemble à la terre,
peau d’écorce, chair d’aubier,
jambes de racines torses,
oint du musc des troupeaux,
dans la rumination des siècles,
c’est moi.
Ces mots de Frédéric Jacques Temple disent l’essentiel : l’union de la vie et de la poésie, la proximité avec la faune et la flore, la fraternité avec tout ce qui respire. Son œuvre, un temps restée en marge, n’a cessé de trouver de nouveaux lecteurs. Elle constitue un territoire de dialogue entre les formes, les disciplines et les êtres : lieu d’intertextualité et d’amitiés littéraires, de correspondances avec la peinture et la musique, de résonances entre le poème et le monde sensible. En cela, elle rejoint aujourd’hui les préoccupations d’une génération qui cherche à réinventer son lien au vivant et à sauvegarder la fragilité du réel.
Le 27 novembre 1999, Temple est dans sa 79e année, et pour la première fois l’Université lui consacre une Journée d’étude à l’initiative de Claude Leroy, professeur à Nanterre. Certes, il n’était pas inconnu. Il avait publié poésie, récits, biographies et traductions chez de grands éditeurs, et reçu quelques prix dont le Valery Larbaud qui le touchait tout particulièrement, en 1993 pour l’Anthologie de ses poèmes chez Actes Sud. Mais sa présence dans le monde littéraire était restée relativement discrète, et quelquefois liée, source de malentendus, à des amis prestigieux comme Cendrars, Miller ou Delteil.
Dans les vingt années qui vont suivre, où il n’a jamais cessé de publier, sa personnalité singulière, la cohérence de son parcours et de son œuvre, se détachent plus nettement sur le fond du paysage littéraire de son temps. En 2013, le jury du prix Apollinaire s’avise qu’il ne l’a jamais distingué et, geste exceptionnel, lui décerne le prix pour l’ensemble de son œuvre. Plusieurs colloques universitaires marquent les étapes de cette reconnaissance, dont celui de Cerisy en 2015 qui donne lieu à une très belle et très riche publication chez Hermann. En 2020, l’année de sa mort, La Chasse infinie marque son entrée dans la collection Poésie/Gallimard. Et les tout derniers jours, il peut tenir dans ses mains un ultime recueil, Par le sextant du soleil, que Bruno Doucey a réussi à faire imprimer pendant le confinement.
L’année de son centenaire, 2021, a vu se multiplier les hommages à Montpellier, sa ville natale : lectures, exposition, concert, colloque à l’université Paul Valéry, … C’est lors de ce dernier colloque que Jean-Claude Forêt a pu dire : « La solastalgie est la souffrance ou la détresse psychique que les humains ressentent devant la disparition d’un univers familier causée par l’activité humaine ou le changement climatique. Quel écrivain aura mieux exprimé que Temple, avec moins de vocabulaire théorique et plus de force poétique, ce sentiment douloureux de perte irrémédiable, qui fait de lui un écrivain de XXIe siècle ? »
Parallèlement, une nouvelle génération à la recherche de nouvelles « Manières d’être vivant » (B. Morizet) découvre dans sa poésie le rapport familier au monde vivant auquel, plus ou moins radicalement, elle aspire. Catherine Portevin chroniquant pour Philomag le livre de Morizet écrit :
« Temple connaît tous les êtres par leur nom. Il ne théorise pas l’exception humaine, pas davantage sa non-exception. Il est là, vivant immémorial comme le sont les arbres, les pierres et les bêtes. »
Camille Charvet, présidente
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L’association Présence de Frédéric Jacques Temple est née pour accompagner et soutenir la connaissance d’une œuvre qui continue d’éclairer le temps présent. Elle se veut un lieu d’échange et de création. Son but est de faire vivre et rayonner cette œuvre dans toutes ses dimensions : la poésie, les récits, les correspondances, mais aussi les amitiés qui l’ont traversée, avec les peintres, les musiciens, les traducteurs, les voyageurs.
LE BUReau
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Secrétaire : Brigitte Portal (+33 6 87 33 70 30)
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