{"id":729,"date":"2026-05-15T17:57:46","date_gmt":"2026-05-15T17:57:46","guid":{"rendered":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/?page_id=729"},"modified":"2026-07-18T13:41:58","modified_gmt":"2026-07-18T13:41:58","slug":"lettre-1-18-aout-2026","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/","title":{"rendered":"Lettre Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple <br \/><span>Num\u00e9ro 1 &#8211; 18 ao\u00fbt 2026<\/span>"},"content":{"rendered":"<h3>Avant-propos<\/h3>\n<h5>Le 18 ao\u00fbt<\/h5>\n<p>Cette Lettre s\u2019ouvre sur une date, celle de la naissance de Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple, cette \u00ab&nbsp;nuit d\u2019orage&nbsp;\u00bb dont il parle tout au long de son \u0153uvre. Avec la simplicit\u00e9 joyeuse d\u2019un anniversaire f\u00eat\u00e9 avec ceux que l\u2019on aime, cette Lettre est une fa\u00e7on d\u2019entrer dans une \u0153uvre non par le monument ou par la critique, mais par une voix encore vivante, capable de nous accompagner dans le pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre de Temple r\u00e9siste aux cat\u00e9gories ordonn\u00e9es. Elle avance par \u00e9clats, par rencontres, par chemins de traverse. On y croise des voyages, des b\u00eates, des paysages, des amiti\u00e9s, des correspondances, des guerres, des peintres, des musiciens, des ports, des arbres, des voix. Tout y semble reli\u00e9 par une m\u00eame attention au monde sensible.<\/p>\n<p>Cette Lettre voudrait lui ressembler un peu. Elle souhaite cr\u00e9er des r\u00e9sonances, offrir un lieu o\u00f9 lecteurs, chercheurs, artistes, amis anciens ou nouveaux pourraient se promener librement, dans un esprit de curiosit\u00e9 naturaliste, et y recueillir \u00e7\u00e0 et l\u00e0 un mot, un souvenir, une image, une \u00e9vocation capable tant\u00f4t d\u2019\u00e9mouvoir, d\u2019apprendre, de collectionner, d\u2019approfondir son regard.<\/p>\n<p>\u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 tant de choses disparaissent sous nos yeux \u2013 les paysages, les silences, certaines formes d\u2019attention, parfois m\u00eame notre capacit\u00e9 \u00e0 sentir pleinement le r\u00e9el \u2013 la po\u00e9sie de Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple nous dit \u00e0 quel point \u00e9crire peut \u00eatre une fa\u00e7on de d\u00e9fendre le vivant, \u00e0 quel point le langage est enracin\u00e9 dans le corps et, comme par prolongement de tout ce qui vit, dans la chair du monde.<\/p>\n<p>Cette premi\u00e8re Lettre est faite d\u2019archives, de po\u00e8mes, de traces et d\u2019actualit\u00e9s. Elle est volontairement libre dans sa forme, \u00e0 l\u2019image d\u2019une \u0153uvre \u00e9parse dont la coh\u00e9rence tient moins du syst\u00e8me que d\u2019un r\u00e9seau souterrain\u00a0: entrelacs de racines, de terre et de myc\u00e9lium o\u00f9 les \u00eatres, les souvenirs et les voix continuent de communiquer secr\u00e8tement.<\/p>\n<p>Nous esp\u00e9rons qu\u2019elle deviendra peu \u00e0 peu un espace de conversation et d\u2019amiti\u00e9. Une mani\u00e8re de continuer \u00e0 faire entendre cette voix fraternelle, terrestre et voyageuse.<\/p>\n<p>Certaines \u0153uvres nous aident \u00e0 vivre, plus attentivement.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Camille Charvet<em><br \/>\npr\u00e9sidente de l&rsquo;association Pr\u00e9sence de Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a  href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1.gif\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-871 aligncenter\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif\" alt=\"\" width=\"15\" height=\"15\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif 150w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-296x300.gif 296w\" sizes=\"auto, (max-width: 15px) 85vw, 15px\" \/><\/a><\/p>\n<h5>Invitation au divagabondage<\/h5>\n<p>Pour inviter le lecteur au voyage, Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple lui a offert un mot-valise&nbsp;: divagabondage. Merveilleuse alchimie verbale o\u00f9 les divagations de Mallarm\u00e9 s\u2019allient aux vagabondages de Rimbaud pour trinquer \u00e0 la Dive bouteille de Rabelais&nbsp;! Admirateur de Baudelaire, Whitman ou Cendrars, grand arpenteur des deux mondes, le po\u00e8te a perc\u00e9 l\u2019\u00e9tonnant secret des voyageurs qu\u2019il retrouvait aux rencontres de Saint-Malo&nbsp;: ils savent faire voyage de tout. Qu\u2019il soit p\u00e8lerin, bourlingueur ou chevalier errant, le divagabond l\u00e8ve les fronti\u00e8res qui s\u00e9parent l\u2019espace du dehors et l\u2019espace du dedans. Retrancher le livre du vivre, il s\u2019y refuse. Le premier visage de Temple a \u00e9t\u00e9 celui du collectionneur. D\u00e8s l\u2019enfance, il s\u2019est lanc\u00e9 \u00e0 la chasse aux plantes et aux insectes, comme \u00e0 celle des timbres et des albums. S\u2019il collectionne, c\u2019est pour relier. Jeteur de passerelles, il d\u00e9busque les affinit\u00e9s \u00e9lectives dans un monde tiss\u00e9 d\u2019analogies, filles de l\u2019amiti\u00e9. Son art de la reliance multiplie les vases communicants. Au fil de son \u0153uvre (po\u00e8mes, reportages, r\u00e9cits, \u00e9missions), il se pr\u00e9sente en \u00ab&nbsp;arbre-voyageur&nbsp;\u00bb, pouss\u00e9 par la curiosit\u00e9 du monde (\u00c9tats-Unis, Qu\u00e9bec, Br\u00e9sil), fascin\u00e9 par le g\u00e9nie du lieu (l\u2019\u00eele de Groix, Venise, Santa Fe, Saint-P\u00e9tersbourg), mais toujours fid\u00e8le au Sud, sa terre natale, qui l\u2019accompagne jusqu\u2019en Am\u00e9rique<\/p>\n<p>Des parrainages que revendique <em>Divagabondages<\/em> (2018), le legs de Rimbaud est le plus manifeste. De l\u2019homme aux semelles de vent, Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple a re\u00e7u l\u2019appel du large et l\u2019ivresse des d\u00e9parts, mais sans esprit de rupture. De <em>Foghorn<\/em> (1975) \u00e0 <em>La Chasse infinie<\/em> (1995) et <em>Par le sextant du soleil<\/em> (2020), il n\u2019est pas de ceux qui br\u00fblent leurs vaisseaux. Dans le miroir d\u2019Ulysse, il songe \u00e0 retrouver son Ithaque, Montpellier, et sa P\u00e9n\u00e9lope. Moins affich\u00e9e, l\u2019all\u00e9geance \u00e0 Mallarm\u00e9 tient \u00e0 l\u2019extr\u00eame pr\u00e9cision d\u2019un lexique qui fonde, avec la musique, la \u00ab&nbsp;po\u00e9sie des mots&nbsp;\u00bb. Le mot rare est pour lui le mot juste&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qu\u2019est un papillon&nbsp;? Rien, s\u2019il n\u2019est nomm\u00e9 vanesse, machaon, flamb\u00e9, zyg\u00e8ne, bombyx, phal\u00e8ne ou uranie.&nbsp;\u00bb Il en va de m\u00eame des arbres ou des poissons, compagnons familiers de celui qui a pris pour totem l\u2019imm\u00e9moriale limule, venue d\u2019outre-temps. Ardent collectionneur de rencontres, il prend part \u00e0 tout ce qui l\u2019entoure. \u00c0 l\u2019instar de son ami Serge Michenaud, \u00ab&nbsp;les sens en \u00e9veil, il note l\u2019oiseau qu\u2019il surprend, le parfum qu\u2019il capte, le myst\u00e8re qu\u2019il devine, le froissement qu\u2019il per\u00e7oit d\u2019une folle avoine.&nbsp;\u00bb De la farine du monde, le divin vagabond a fait son \u00ab&nbsp;bon pain&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Claude Leroy<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Grand sp\u00e9cialiste de Blaise Cendrars, dont il a \u00e9dit\u00e9 les <\/em>\u0152uvres compl\u00e8tes<em> en 15 volumes chez Deno\u00ebl et quatre volumes d\u2019\u0153uvres en Pl\u00e9iade, <span class=\"il\">Claude<\/span> <span class=\"il\">Leroy<\/span>,\u00a0 aujourd\u2019hui professeur \u00e9m\u00e9rite de l\u2019Universit\u00e9 Paris-Nanterre, est aussi le grand pionnier des \u00e9tudes universitaires sur l\u2019\u0153uvre de Temple. Depuis la rencontre organis\u00e9e en pr\u00e9sence du po\u00e8te en 1999, bien d\u2019autres ont suivi, dont le m\u00e9morable colloque international de Cerisy-la-Salle en 2015, qu\u2019il a pilot\u00e9 avec Marie-Paule Berranger et Pierre-Marie H\u00e9ron. On lui doit la d\u00e9sormais indispensable \u00e9dition annot\u00e9e de <\/em>La Chasse infinie et autres po\u00e8mes<em> en\u00a0\u00ab\u00a0Po\u00e9sie \/ Gallimard\u00a0\u00bb\u00a0en 2020.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3 class=\"repete, baseline\">Nul ne viendra\u2026 \u00e9gal en voix, gestes, sourires<\/h3>\n<h5>L&rsquo;image<\/h5>\n<figure id=\"attachment_878\" aria-describedby=\"caption-attachment-878\" style=\"width: 630px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Photo_Au-Cap-vert-2001_web-2.jpeg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-878\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Photo_Au-Cap-vert-2001_web-2-1024x707.jpeg\" alt=\"\u00ab&nbsp;Au Cap-Vert&nbsp;: Sana, terre d\u00e9sol\u00e9e. Le village multicolore, paisible, accueillant&nbsp;\u00bb (Une longue vague porteuse)\" width=\"630\" height=\"435\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Photo_Au-Cap-vert-2001_web-2-1024x707.jpeg 1024w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Photo_Au-Cap-vert-2001_web-2-300x207.jpeg 300w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Photo_Au-Cap-vert-2001_web-2-768x530.jpeg 768w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Photo_Au-Cap-vert-2001_web-2-1200x829.jpeg 1200w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Photo_Au-Cap-vert-2001_web-2-1320x912.jpeg 1320w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Photo_Au-Cap-vert-2001_web-2.jpeg 1448w\" sizes=\"auto, (max-width: 630px) 85vw, 630px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-878\" class=\"wp-caption-text\">\u00ab&nbsp;Au Cap-Vert&nbsp;: Sana, terre d\u00e9sol\u00e9e. Le village multicolore, paisible, accueillant&nbsp;\u00bb (<em>Une longue vague porteuse<\/em>).<\/figcaption><\/figure>\n<hr \/>\n<h3 class=\"baseline\">Po\u00e8mes choisis \/ Po\u00e8mes traduits<\/h3>\n<h5 class=\"baseline\">\u00ab&nbsp;La po\u00e9sie n\u2019a cess\u00e9 de m\u2019accompagner de ses phares, balises ou feux brefs&#8230; \u00bb<\/h5>\n<p>par Jean-Claude For\u00eat et Juliette Utard<\/p>\n<h5 align=\"justify\"><span style=\"font-family: Bahnschrift SemiLight, sans-serif;\">Cl\u00e9s pour un po\u00e8me\u00a0: \u00ab <\/span><span style=\"font-family: Bahnschrift SemiLight, sans-serif;\">Senso mai dire&nbsp;\u00bb<\/span><\/h5>\n<p>Nous ne pouvons en dire plus,<br \/>\nc\u2019est en nous d\u00e9sormais<br \/>\nque se chante le thr\u00e8ne<br \/>\ndes lointaines vendanges.<\/p>\n<p>Nous ne pouvons entendre<br \/>\nles cris des mariniers,<br \/>\nle fleuve Rose s\u2019est fl\u00e9tri,<br \/>\nson parfum est celui de la mort<br \/>\ndepuis que la cause est perdue.<\/p>\n<p>Mais en secret palpite encore<br \/>\nla veilleuse de la m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Certains po\u00e8mes nous enchantent sans que nous en comprenions la lettre, le mot \u00e0 mot. Ils peuvent avoir une cl\u00e9 que nous ne poss\u00e9dons pas, ou pas de cl\u00e9 du tout, mais ils continuent pourtant \u00e0 nous fasciner, par leur m\u00e9lodie, leur rythme, leurs images. Comme \u00ab\u00a0El Desdichado&nbsp;\u00bb de Nerval\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis le t\u00e9n\u00e9breux, \u2015 le veuf, \u2015 l\u2019inconsol\u00e9\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Je crois que le po\u00e8me de F.J. Temple intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Senso mai dire\u00a0\u00bb, qui figure dans le recueil <em>Dans l\u2019erre des vents<\/em>, est de ceux-l\u00e0. Le po\u00e8te m\u2019a fait l\u2019amiti\u00e9 de me le d\u00e9dier, instaurant entre nous une connivence malicieuse. Il savait que j\u2019aurais de grandes chances d\u2019en comprendre les allusions, apr\u00e8s avoir identifi\u00e9 la cl\u00e9 dans le titre-m\u00eame. Aussi n\u2019a-t-il rien fait pour dissiper les obscurit\u00e9s qu\u2019il s\u2019est plu \u00e0 introduire comme autant de clins d\u2019\u0153il, de signes de reconnaissance. Ce sont ces allusions que je voudrais \u00e9claircir, afin de partager ce bref et beau po\u00e8me avec ses lecteurs potentiels.<\/p>\n<p>La cl\u00e9 de ce po\u00e8me est une \u0153uvre en proven\u00e7al, <em>Lou Pou\u00e8mo d\u00f3u Rose<\/em> (<em>Le Po\u00e8me du Rh\u00f4ne<\/em>) de Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral (1830-1914), long po\u00e8me narratif en douze chants parus en 1897 chez Lemerre, avec une traduction de l\u2019auteur. <em>Lou Pou\u00e8mo d\u00f3u Rose<\/em> est l\u2019\u00e9pop\u00e9e du fleuve et de la batellerie traditionnelle. Enti\u00e8rement \u00e9crit en d\u00e9casyllabes non rim\u00e9s \u00e0 finale f\u00e9minine, il imite par sa forme l\u2019\u00e9coulement des eaux et raconte une \u00ab&nbsp;descise&nbsp;\u00bb : la descente du Rh\u00f4ne, de Lyon \u00e0 Beaucaire, par un convoi de barques men\u00e9 par Patron Apian. \u00c0 l\u2019\u00e9quipe de mariniers se joignent bient\u00f4t un jeune homme \u00e9nigmatique, le Prince d\u2019Orange, incarnation du Drac, le g\u00e9nie du fleuve, et une jeune sauvageonne chercheuse d\u2019or, l\u2019Anglore. Les p\u00e9rip\u00e9ties de leur voyage sont l\u2019occasion de c\u00e9l\u00e9brer la noblesse du Rh\u00f4ne et du m\u00e9tier de marinier. Le fleuve devient la m\u00e9tonymie du pays qu\u2019il traverse et de la langue que parle ce pays, et la batellerie s\u2019impose comme la m\u00e9taphore de la Cause, \u00e0 savoir la d\u00e9fense de cette langue. Une fois arriv\u00e9s \u00e0 la foire de Beaucaire, terme de leur descise, les mariniers, entreprennent la <em>remounto<\/em> (la remonte) avec des chevaux de halage, mais arriv\u00e9s \u00e0 Pont-Saint-Esprit, ils entrent en collision avec l\u2019un des premiers bateaux \u00e0 vapeur qui sillonnaient alors le Rh\u00f4ne (nous sommes en 1830, ann\u00e9e de la naissance de Mistral). Le vapeur (au nom \u00e9vocateur de <em>Croucoudile<\/em>) d\u00e9truit la flottille de bois. L\u2019Anglore et le Prince d\u2019Orange disparaissent dans les flots.<\/p>\n<p>Au chant X, \u00e0 la foire de Beaucaire, le Prince d\u2019Orange porte un brinde aux mariniers rassembl\u00e9s au cabaret de la Vignasse. C\u2019est le vers souvent cit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Aussas li got \u00e0 la causo vincudo&nbsp;!&nbsp;\u00bb (Haussez les verres \u00e0 la cause vaincue&nbsp;!) (laisse 90), dont se fait l\u2019\u00e9cho le vers 9 de notre po\u00e8me. Deux vers plus haut, Temple joue \u00e9videmment sur le nom occitan du Rh\u00f4ne, paronyme de la fleur&nbsp;: le <em>Rose<\/em> et la <em>roso<\/em>, en graphie mistralienne. Le fleuve est une rose fl\u00e9trie dont la couleur \u00e9voque le cr\u00e9puscule, et l\u2019odeur de vase le parfum de la mort.<\/p>\n<p>Quant au titre proven\u00e7al, il provient des trois derniers mots du po\u00e8me, \u00e0 la toute fin de la 114e et derni\u00e8re laisse. Apr\u00e8s la catastrophe finale, les mariniers prennent la place des chevaux de halage disparus dans les eaux du fleuve et tirent eux-m\u00eames les barques sauv\u00e9es du naufrage. Le po\u00e8me s\u2019ach\u00e8ve sur ces vers\u00a0:<\/p>\n<p>S\u2019est\u00e8nt envertouiat li tourtouiero<br \/>\ne li restant d\u2019arn\u00e9s que i\u00e9 soubravon,<br \/>\nd\u2019\u00e0 p\u00e8d sus lou dougan touto la chourmo<br \/>\nremount\u00e8 vers Condri\u00e9u, s\u00e8nso mai dire.<\/p>\n<p>Ayant enroul\u00e9 sur leur corps les c\u00e2bles<br \/>\net les restants d\u2019agr\u00e8s qu\u2019ils avaient recueillis,<br \/>\n\u00e0 pied toute la troupe, en suivant le rivage,<br \/>\nremonta vers Condrieu, sans autre plainte.<\/p>\n<p>(Toutes les traductions sont de Mistral.)<\/p>\n<p><em>S\u00e8nso mai dire<\/em> : litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0sans en dire plus\u00a0\u00bb, que Mistral traduit tr\u00e8s librement par \u00ab\u00a0sans autre plainte\u00a0\u00bb. Le po\u00e8me se cl\u00f4t sur le silence et le mutisme d\u2019hommes devenus b\u00eates de somme.<\/p>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral a \u00e9t\u00e9 pour Temple, qui portait le m\u00eame pr\u00e9nom, un des auteurs les plus marquants. Il ne fait pas partie de ses lectures d\u2019enfance, comme Jules Verne ou Fenimore Cooper. Sa lecture est probablement la cons\u00e9quence de sa prise de conscience occitane des ann\u00e9es 60, qui devait aboutir \u00e0 l\u2019\u00e9criture d\u2019<em>Un cimeti\u00e8re indien<\/em>, paru en 1981. Cette m\u00eame ann\u00e9e, sort le num\u00e9ro 32\/33 de la revue <em>Vagabondages<\/em> consacr\u00e9 aux \u00ab\u00a0Po\u00e8tes de langue d\u2019oc\u00a0\u00bb. Marcel Jullian, directeur de la revue, en avait confi\u00e9 la composition \u00e0 F.J. Temple, \u00ab\u00a0parce que vous \u00eates un \u00e9crivain occitan de langue fran\u00e7aise\u00a0\u00bb. Dans cette anthologie figurent 45 po\u00e8tes occitans, morts ou vivants, des XIXe et XXe si\u00e8cles, auxquels s\u2019ajoute en bonne place \u00ab\u00a0le po\u00e8te du mois\u00a0\u00bb, Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral. Temple pr\u00e9sente quatre larges extraits du po\u00e8te maillanais, dont un passage du chant I du<em> Pou\u00e8mo d\u00f3u Rose<\/em>, \u00e9vocation nostalgique d\u2019une Arcadie rhodanienne, o\u00f9 la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne formait un seul village, avec le fleuve pour rue principale.<\/p>\n<p>O t\u00e8ms di vi\u00e8i, d\u2019antico bounoumio,<br \/>\nQue lis ostau avien ges de sarraio [\u2026]<br \/>\nO t\u00e8ms di vi\u00e8i, t\u00e8ms gai, t\u00e8ms de simplesso,<br \/>\nQu\u2019\u00e8ro lou Rose un revoulun de vido [\u2026]<\/p>\n<p>\u00d4 temps des vieux, d\u2019antique bonhomie,<br \/>\nO\u00f9 les maisons n\u2019avaient point de serrure [\u2026]<br \/>\n\u00d4 temps des vieux, temps gai, temps de simplesse,<br \/>\no\u00f9 sur le Rh\u00f4ne tourbillonnait la vie,<br \/>\no\u00f9 nous venions, enfants, voir sur l\u2019eau longue,<br \/>\nvoir passer fiers, les mains au gouvernail,<br \/>\nles Condrillots\u00a0! Le Rh\u00f4ne, gr\u00e2ce \u00e0 eux,<br \/>\nfut une ruche \u00e9norme, pleine de bruit et d\u2019\u0153uvre.<br \/>\nTout cela aujourd\u2019hui est mort, muet et vaste,<br \/>\net de ce mouvement, h\u00e9las\u00a0! tout ce qui reste,<br \/>\nc\u2019est la trace rong\u00e9e, c\u2019est le sillon<br \/>\nque le c\u00e2ble a creus\u00e9 contre les pierres [\u2026]<\/p>\n<p>Citation de citation, qui permet de comprendre de quoi proc\u00e8de la m\u00e9lancolie du po\u00e8me templien.<br \/>\nLa <em>mau-parado<\/em> (la catastrophe finale) du po\u00e8me mistralien signifie la fin de la batellerie traditionnelle et d\u2019un mode de vie \u00ab&nbsp;convivial&nbsp;\u00bb, comme on dirait aujourd\u2019hui, marquant l\u2019av\u00e8nement de l\u2019\u00e8re industrielle. Elle repr\u00e9sente aussi la d\u00e9faite de la Cause&nbsp;: dans ce po\u00e8me fin de si\u00e8cle et cr\u00e9pusculaire, Mistral pressent la fin de sa langue et de son monde. Mallarm\u00e9, qui enseigna quelque temps \u00e0 Tournon, entretint une correspondance avec Mistral et mourut un an apr\u00e8s la publication du <em>Pou\u00e8mo<\/em>, eut le temps d\u2019exprimer son admiration pour cet \u00e9trange et superbe objet po\u00e9tique, frapp\u00e9 du sceau du N\u00e9ant.<\/p>\n<p>On comprend que Temple ait partag\u00e9 ce sentiment, lui qui porte le deuil de Haute Plage d\u00e9truite par la Grande Motte, lui dont tout un versant po\u00e9tique s\u2019inspire de la perte et dont maints po\u00e8mes retentissent comme des chants fun\u00e8bres, des thr\u00e8nes. L\u2019une des fonctions de la po\u00e9sie est d\u2019entretenir au moins la m\u00e9moire de ces choses, comme une veilleuse qui palpite dans l\u2019ombre\u2026<\/p>\n<p>Ce bref po\u00e8me de onze vers, \u00ab\u00a0Senso mai dire\u00a0\u00bb, en contient un autre de plusieurs milliers, tout un po\u00e8me \u00e9pique long comme un roman. Le lire, c\u2019est r\u00e9capituler confus\u00e9ment le po\u00e8me de Mistral, se replonger dans l\u2019univers disparu qu\u2019il d\u00e9crit, d\u2019o\u00f9 son extr\u00eame densit\u00e9. Le po\u00e8te, en n\u2019explicitant pas l\u2019allusion, partage un myst\u00e8re avec le lecteur initi\u00e9, myst\u00e8re qui le rend d\u2019autant plus pr\u00e9cieux \u00e0 son heureux d\u00e9dicataire, conscient du privil\u00e8ge.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"justify\">Jean-Claude For\u00eat<br \/>\n<em>\u00a0\u200bR<\/em><em>omancier, po\u00e8te et dramaturge en occitan, pr\u00e9sident des \u00e9ditions Jorn. Il a enseign\u00e9<br \/>\nla langue et la litt\u00e9rature occitanes \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Montpellier Paul-Val\u00e9ry.<\/em><\/p>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple, 2017, <em>Dans l\u2019erre des vents<\/em>, Paris, \u00c9ditions Bruno Doucey.<br \/>\n<em>Vagabondages<\/em>, n\u00b032-33, septembre-octobre 1981, \u00ab\u00a0Po\u00e8tes de langue d\u2019oc\u00a0\u00bb.<br \/>\nFr\u00e9d\u00e9ric Mistral,\u00a0<em>Lou Pou\u00e8mo d\u00f3u Rose<\/em>, Paris, Lemerre, 1897. Nombreuses r\u00e9\u00e9ditions, entre autres&nbsp;: Paris, \u00c9ditions Aralia, 1997&nbsp;; Montfaucon (30), \u00c9ditions \u00c0 l\u2019asard Bautezar&nbsp;!, 2015.<\/p>\n<hr \/>\n<h3 class=\"repete, baseline\">Nul ne viendra\u2026 \u00e9gal en voix, gestes, sourires<\/h3>\n<h5>Le son<\/h5>\n<p>\u00ab&nbsp;Je deviens beau&nbsp;\u00bb dit par l\u2019auteur (\u00e9mission <em>Po\u00e9sie sur Parole<\/em>, France Culture, 10 f\u00e9vrier 1996)<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-729-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Son_Je-deviens-beau.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Son_Je-deviens-beau.mp3\">https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Son_Je-deviens-beau.mp3<\/a><\/audio>\n<hr \/>\n<h3 class=\"baseline\">Cartes postales<\/h3>\n<h5>Souvenirs, portraits, messages<\/h5>\n<h5>De France&nbsp;: Guilhem Temple<\/h5>\n<p><em>En 2011, le 18 ao\u00fbt, Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple a 90 ans. Il y a ferrade l\u2019apr\u00e8s-midi et grande soir\u00e9e en Petite Camargue pour f\u00eater son anniversaire. Toute la famille est l\u00e0 et de tr\u00e8s nombreux amis, selon une tradition qui dure depuis quarante ans. \u00c0 cette occasion, son petit-fils Guilhem Temple lui a adress\u00e9 ce message.<\/em><\/p>\n<p>\u00c0 mon Grand-P\u00e8re<\/p>\n<p>J&rsquo;ai pens\u00e9 \u00e0 bien des fa\u00e7ons de commencer cette petite d\u00e9dicace et \u00e0 la forme que j&rsquo;allais lui donner. De l&rsquo;\u00e9loge lyrique (\u00ab&nbsp;Ah&nbsp;! Oh&nbsp;! Que voici un v\u00e9n\u00e9rable vieillard&nbsp;!&nbsp;\u00bb) au r\u00e9quisitoire (\u00ab&nbsp;Jacques Temple vous \u00eates un Punk&nbsp;!&nbsp;\u00bb), mes essais ne m&rsquo;ont gu\u00e8re sembl\u00e9 appropri\u00e9s. D&rsquo;autres se chargeront mieux que moi de porter aux nues comme il se doit l&rsquo;Artiste et l\u2019Aventurier, avec plus d&rsquo;\u00e9l\u00e9gance et moins de points d&rsquo;exclamation. Aussi, plut\u00f4t qu\u2019au po\u00e8te, au voyageur, \u00e0 toutes ces facettes de Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple, je pense \u00e0 mon grand-p\u00e8re.<\/p>\n<p><em>Remember<\/em>.<\/p>\n<p>Rappelle-toi, il pleuvait sur Brest ce jour-l\u00e0, et nous n&rsquo;en avions cure, car nous \u00e9tions \u00e0 Montpellier. Une chaleur s\u00e8che nous \u00e9crasait et le cin\u00e9ma du Corum projetait <em>Le Parrain<\/em>. Tu m&rsquo;avais parl\u00e9 de ton admiration pour Victor Hugo et je t&rsquo;avais demand\u00e9, avec l&rsquo;esprit p\u00e9n\u00e9trant et l&rsquo;\u00e0-propos de l&rsquo;adolescence, si c&rsquo;\u00e9tait pour cela que tu portais la barbe. Un d\u00e9tail, une br\u00e8ve apr\u00e8s-midi dans une vie de quatre-vingt-dix \u00e9t\u00e9s, mais pour moi marquante.<\/p>\n<p>Je t&rsquo;associe depuis \u00e0 cette apr\u00e8s-midi. La chaleur d&rsquo;abord, ce qui n&rsquo;est que justice pour un personnage aussi solaire, et les ex\u00e9g\u00e8tes de ton \u0153uvre ne me d\u00e9mentiront pas. <em>Le Parrain<\/em>, \u00e9trangement, puisqu&rsquo;en vain on chercherait le mafieux qui se cache en toi, mais je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de voir ton c\u00f4t\u00e9 roublard et imposant dans le personnage de Brando. Victor Hugo et la barbe enfin, symbolisant dans l&rsquo;esprit de l&rsquo;enfant que j&rsquo;\u00e9tais, pour l&rsquo;un la culture et ce go\u00fbt pour la lecture qui me fut transmis, pour l&rsquo;autre ton statut de grand\u00ad-p\u00e8re \u00e0 la blanche barbe.<\/p>\n<p>Je te retrouve dans bien des choses, par le biais d&rsquo;associations un peu absurdes (mais n&rsquo;est-ce pas le propre des associations&nbsp;?), dans les mirages d&rsquo;une lande s\u00e9ch\u00e9e au soleil depuis des temps imm\u00e9moriaux, dans la cuisine du sud, dans l&rsquo;\u0153il d&rsquo;un mustang, dans <em>Ol\u00e9<\/em> de John Coltrane, dans le vin et les festins rustiques, dans la forme de poulpe que prend Maldoror, dans les chants qui portent son nom, pour affronter Dieu, et je ne sais pas trop o\u00f9 je vais m&rsquo;arr\u00eater, surtout que si je veux je fais des phrases plus longues\u2026 donc STOP&#8230;<\/p>\n<p>Force tranquille, jouisseur exp\u00e9riment\u00e9, \u00e0 la vivacit\u00e9 d&rsquo;esprit qui d\u00e9ment son \u00e2ge, tel est, je le crois, mon grand-p\u00e8re et je ne voudrais pas qu&rsquo;il en soit autrement. Je te prierai cependant de ne pas provoquer le taureau en duel lors de la ferrade, la pauvre b\u00eate ne serait plus en \u00e9tat de me faire courir devant elle et courir devant un fauve aveugl\u00e9 par tant de splendeur, eh bien, ce n&rsquo;est plus du sport.<\/p>\n<p>Continue de kiffer la vibe Grand-P\u00e8re, on se tcheck au barbecue&nbsp;!<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a  href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1.gif\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-871 aligncenter\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif\" alt=\"\" width=\"15\" height=\"15\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif 150w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-296x300.gif 296w\" sizes=\"auto, (max-width: 15px) 85vw, 15px\" \/><\/a><\/p>\n<h5>D\u2019Alg\u00e9rie\u00a0: Naget Khadda<\/h5>\n<p><em>Universitaire alg\u00e9rienne, sp\u00e9cialiste du roman alg\u00e9rien de langue fran\u00e7aise, Naget Khadda a v\u00e9cu l\u2019exil \u00e0 Montpellier pendant une d\u00e9cennie. N\u00e9e sur fond de troubles politiques, greff\u00e9e sur des souvenirs d\u2019un pass\u00e9 franco-alg\u00e9rien tourment\u00e9, l\u2019amiti\u00e9 dont elle t\u00e9moigne ici s\u2019est \u00ab&nbsp;adoss\u00e9e&nbsp;\u00bb, \u00e9crit-elle, au souvenir d\u2019Edmond Charlot, le libraire des Vraies Richesses \u00e0 Alger, \u00e0 qui Temple a consacr\u00e9 des entretiens chez Domens en 2007 et elle un essai en 2015, chez le m\u00eame \u00e9diteur.<\/em><\/p>\n<p>J\u2019ai v\u00e9cu onze ans \u00e0 Montpellier, \u00e0 un moment de mon existence et de celle de l\u2019Alg\u00e9rie o\u00f9 le pronostic vital, au sens propre, \u00e9tait pour tous les deux incertain. Une d\u00e9cennie au cours de laquelle j\u2019ai men\u00e9, \u00e0 ma mani\u00e8re, <em>La Chasse infinie<\/em>, ma chasse infinie, dans un \u00e9tat d\u2019esprit que ces quelques vers de FJT expriment si bien\u00a0:<\/p>\n<p>Laissez-moi vous dire<br \/>\nqu\u2019ils ont annul\u00e9 l\u2019oiseau<br \/>\nlaissez-moi<br \/>\n\u00d4 laissez-moi vous dire<br \/>\nqu\u2019ils ont souill\u00e9 le sable<\/p>\n<p>non, laissez-moi le silence<br \/>\nlaissez-moi dormir<br \/>\n\u00d4 laissez-moi&nbsp;!<\/p>\n<p>Ces vers de <em>La Chasse infinie<\/em>, je ne les ai lus qu\u2019en 2004, au moment de la r\u00e9\u00e9dition du recueil, une fois retourn\u00e9e \u00e0 Alger, alors que la bourrasque qui m\u2019avait pouss\u00e9e \u00e0 chercher refuge \u00e0 Montpellier s\u2019\u00e9tait calm\u00e9e, laissant un go\u00fbt de cendre. N\u2019est-ce pas la force des po\u00e8tes de nous parler de nous-m\u00eames par-del\u00e0 la distance du temps et de l\u2019espace&nbsp;? En tout cas, leur parole nous aide \u00e0 nous tenir debout et fait intrins\u00e8quement partie de leur personne et des liens qui nous rattachent \u00e0 eux. Une raison suffisante, me semble-t-il, pour faire place aux t\u00e9moignages dans les travaux des colloques.<\/p>\n<p>Ma rencontre avec le couple FJT et Brigitte Portal s\u2019est r\u00e9alis\u00e9e dans un climat de grande sollicitude et une connivence s\u2019est vite install\u00e9e entre nous gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9vocation d\u2019un nom qui charriait, pour Jacques comme pour moi, tout un cort\u00e8ge d\u2019autres noms, tout un flot de souvenirs li\u00e9s \u00e0 Alger&nbsp;: le nom d\u2019Edmond Charlot \u2013 un des \u00eatres les plus charismatiques que j\u2019aie rencontr\u00e9s malgr\u00e9 son apparence des plus banales et dont Alger a gard\u00e9 la m\u00e9moire par-del\u00e0 les profonds bouleversements survenus.<\/p>\n<p>Ma relation avec Jacques a donc, d\u2019embl\u00e9e, pris place dans ce chass\u00e9-crois\u00e9 entre France et Alg\u00e9rie, entre guerre et paix, \u00e0 la confluence d\u2019autres histoires qui ont contribu\u00e9 \u00e0 tisser le r\u00e9seau t\u00e9nu des appartenances et des partages, des identit\u00e9s et des diff\u00e9rences, des communions et des malentendus qui sp\u00e9cifient \u2013 sans doute \u00e0 jamais \u2013 la texture \u00e9motionnelle si particuli\u00e8re des rapports entre France et Alg\u00e9rie. Notre histoire, \u00e0 nous, quant \u00e0 elle, en s\u2019adossant \u00e0 l\u2019\u00e9vocation de Charlot (tout le monde l\u2019appelait ainsi), s\u2019est d\u2019entr\u00e9e de jeu install\u00e9e sous le signe de l\u2019amour des lettres et des arts et s\u2019est faufil\u00e9e dans une autre histoire plus longue, commenc\u00e9e \u00e0 Alger, dans la librairie des Vraies Richesses, bien avant que nous nous retrouvions c\u00f4te-\u00e0-c\u00f4te \u00e0 la table chaleureuse de Jacques et Marianne Proust, en 1996. Histoire qui allait se poursuivre, plusieurs ann\u00e9es plus tard \u00e0 Tlemcen pour la cr\u00e9ation d\u2019un prix litt\u00e9raire&nbsp;: le prix Mohammed Dib, un des auteurs que Charlot regrettait de n\u2019avoir pas publi\u00e9. FJT avait g\u00e9n\u00e9reusement accept\u00e9, \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019\u00e9tait pas une destination pour des s\u00e9jours de plaisance, de faire partie du jury d\u2019attribution de ce prix. Cette exp\u00e9dition \u00e0 Tlemcen, dans des conditions rocambolesques, qui a laiss\u00e9 \u00e0 tous les participants un souvenir inalt\u00e9rable, rev\u00eat \u00e0 mes yeux \u2013 et je pense que Jacques peut partager ce point de vue \u2013 un sens tr\u00e8s fort en ce qu\u2019elle renouait, toutes proportions gard\u00e9es, avec l\u2019esprit aventureux des Vraies Richesses. En effet, cette op\u00e9ration de prix litt\u00e9raire, lanc\u00e9e dans un pays d\u00e9vast\u00e9, par un groupuscule d\u2019amateurs de litt\u00e9rature, pour encourager de jeunes talents \u00e9crivant en langue fran\u00e7aise et plac\u00e9e sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019\u00e9crivain du panth\u00e9on alg\u00e9rien le plus impr\u00e9gn\u00e9 de francit\u00e9, n\u2019est pas sans ressemblances avec ce r\u00eave m\u00e9diterran\u00e9en d\u2019\u00e9changes caress\u00e9 par Camus et \u00ab&nbsp;la bande \u00e0 Charlot&nbsp;\u00bb. L\u2019exp\u00e9dition fut \u00e0 la hauteur, je crois, de l\u2019esprit de fraternit\u00e9 et d\u2019amour des livres qui r\u00e9gnait dans la petite librairie de la rue Charras (aujourd\u2019hui rue Hamani) quand FJT y fut accueilli pendant la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<hr \/>\n<h3 class=\"repete, baseline\">Nul ne viendra\u2026 \u00e9gal en voix, gestes, sourires<\/h3>\n<h5>Le texte<\/h5>\n<p>Temple et le vivant\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis rest\u00e9 naturaliste\u00a0\u00bb, <em>Les Cahiers de l\u2019Office<\/em>, n\u00b02, 1983, dessins de Karmit Guiness et Claude Joubert&nbsp;; titre de la r\u00e9daction \u00a9 Succession Temple.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-0-scaled.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-740\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-0-262x300.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"515\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-0-262x300.jpg 262w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-0-895x1024.jpg 895w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-0-768x879.jpg 768w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-0-1343x1536.jpg 1343w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-0-1790x2048.jpg 1790w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-0-1200x1373.jpg 1200w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-0-1320x1510.jpg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 85vw, 450px\" \/><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-1-scaled.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-741\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-1-253x300.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"534\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-1-253x300.jpg 253w, 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href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-2-scaled.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-742\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-2-248x300.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"545\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-2-248x300.jpg 248w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-2-846x1024.jpg 846w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-2-768x929.jpg 768w, 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src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-3-259x300.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"522\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-3-259x300.jpg 259w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-3-883x1024.jpg 883w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-3-768x891.jpg 768w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-3-1324x1536.jpg 1324w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lettre-FJT_1_B_Texte_Je-suis-reste-naturaliste-3-1766x2048.jpg 1766w, 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Coinc\u00e9e contre une barre d\u2019immeuble, sa situation illustre la conqu\u00eate, saisissante dans tout ce quartier, de la ville sur les faubourgs de plaisance du XIXe si\u00e8cle. J\u2019apprendrai plus tard qu\u2019elle fut, comme le clos Saint-Antonin situ\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, le lieu d\u2019atrocit\u00e9s commises pendant la guerre\u00a0; pour l\u2019heure, mon attention fut capt\u00e9e par l\u2019inscription appos\u00e9e lors d\u2019un colloque organis\u00e9 en 1992 par l\u2019Universit\u00e9 Paul-Val\u00e9ry\u00a0: \u00ab\u00a0Ici v\u00e9cut de 1951 \u00e0 1957 l\u2019\u00e9crivain anglais Richard Aldington (1892-1962)\u00a0\u00bb. Pr\u00e9textant le lien de Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple avec l\u2019auteur de <em>Death of a Hero<\/em>, je d\u00e9cidais d\u2019en faire le sujet de cette chronique qui n\u2019a pas d\u2019autre ambition que de divaguer dans le fonds Temple.<\/p>\n<figure id=\"attachment_804\" aria-describedby=\"caption-attachment-804\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1_B341726101_FJTD04_0001-scaled.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-804\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1_B341726101_FJTD04_0001-648x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"711\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1_B341726101_FJTD04_0001-648x1024.jpg 648w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1_B341726101_FJTD04_0001-190x300.jpg 190w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1_B341726101_FJTD04_0001-768x1213.jpg 768w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1_B341726101_FJTD04_0001-972x1536.jpg 972w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1_B341726101_FJTD04_0001-1296x2048.jpg 1296w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1_B341726101_FJTD04_0001-1200x1896.jpg 1200w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1_B341726101_FJTD04_0001-1320x2086.jpg 1320w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1_B341726101_FJTD04_0001-scaled.jpg 1620w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 85vw, 450px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-804\" class=\"wp-caption-text\">Richard Aldington \u00e0 la Villa des Rosiers en 1955, un pension de famille o\u00f9 il vit depuis 1951 avec sa fille Catherine. Fonds Temple de Montpellier, cote FJTD04_0001 \u00a9 D.R \/ Fonds Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple, M\u00e9diath\u00e8que \u00c9mile Zola (Montpellier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple a racont\u00e9 sa rencontre avec Aldington dans sa contribution \u00e0 l\u2019ouvrage qu\u2019il a codirig\u00e9 avec Alister Kershaw, <em>Richard Aldington, An Intimate Portrait<\/em> (Carbondale and Edwardsville, Southern Illinois University Press, 1965). Passionn\u00e9 par D.\u00a0H.\u00a0Lawrence, dont Aldington venait d\u2019\u00e9crire la biographie (1950) et dont il avait \u00e9t\u00e9 l\u2019ami, Temple a fr\u00e9quent\u00e9 \u00ab\u00a0almost daily\u00a0\u00bb, dit-il, la villa Les Rosiers et Aldington lui a accord\u00e9 le rare privil\u00e8ge, de la part d\u2019un homme si peu m\u00e9diatique, d\u2019une s\u00e9rie d\u2019interviews \u00e0 la radio. Une photo dat\u00e9e de 1955 (FJTD04-0006) t\u00e9moigne des moments pass\u00e9s aux Rosiers.<\/p>\n<figure id=\"attachment_805\" aria-describedby=\"caption-attachment-805\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2_B341726101_FJTD04_0006-scaled.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-805\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2_B341726101_FJTD04_0006-752x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"613\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2_B341726101_FJTD04_0006-752x1024.jpg 752w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2_B341726101_FJTD04_0006-220x300.jpg 220w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2_B341726101_FJTD04_0006-768x1046.jpg 768w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2_B341726101_FJTD04_0006-1128x1536.jpg 1128w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2_B341726101_FJTD04_0006-1504x2048.jpg 1504w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2_B341726101_FJTD04_0006-1200x1634.jpg 1200w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2_B341726101_FJTD04_0006-1320x1798.jpg 1320w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/2_B341726101_FJTD04_0006-scaled.jpg 1880w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 85vw, 450px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-805\" class=\"wp-caption-text\">Aldington et Temple \u00e0 la Villa des Rosiers en 1955. Fonds Temple de Montpellier, cote FJTD04-0006 \u00a9 D.R \/ Fonds Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple, M\u00e9diath\u00e8que \u00c9mile Zola (Montpellier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Moments qu\u2019il ne fallait pas excessivement prolonger, si l\u2019on en croit une lettre du 12 mai 1954, la premi\u00e8re conserv\u00e9e d\u2019une correspondance qui en compte 86&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis vieux, je suis vite fatigu\u00e9, j\u2019ai \u00e0 me reposer pour conserver mes forces. Venez me voir, si cela vous pla\u00eet, mais t\u00e2chez de pr\u00e9venir d\u2019avance, et ne d\u00e9passez pas une heure. Apr\u00e8s un entretien intellectuel, je suis forc\u00e9 maintenant de me coucher. La vieillesse est une b\u00eatise&nbsp;\u00bb (FJTC00-0565). Aldington ajoute&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai gagn\u00e9 ma bataille T. E. Lawrence. C\u2019est tr\u00e8s compliqu\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est en effet le moment o\u00f9 Aldington publie sa biographie iconoclaste de Lawrence d\u2019Arabie. Cet ouvrage est le premier \u00e0 d\u00e9construire le mythe, ce qui vaudra \u00e0 son auteur d\u2019\u00eatre ostracis\u00e9 outre-Manche. Catherine, la fille d\u2019Aldington, ne manquera d\u2019ailleurs pas de rappeler cette ant\u00e9riorit\u00e9 \u00e0 J\u00e9r\u00f4me Garcin en r\u00e9ponse \u00e0 une recension de la biographie de Vincent-Mansour Monteil publi\u00e9e dans <em>L\u2019\u00c9v\u00e9nement du jeudi<\/em> du 30 avril 1987 et intitul\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;Miso, maso, mytho, homo, c\u2019est Lawrence d\u2019Arabie&nbsp;!&nbsp;\u00bb (FJTI04-0012). Mais nous ne sommes encore qu\u2019en 1954 et l\u2019ouvrage promis au scandale para\u00eet d\u2019abord en fran\u00e7ais, chez Amiot-Dumont, sous le titre sans \u00e9quivoque <em>Lawrence l\u2019imposteur<\/em>, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019original anglais se contente d\u2019un neutre <em>T. E. Lawrence, the Legend and the Man<\/em>. Avec son humour <em>so british<\/em>, Aldington en d\u00e9dicace un exemplaire \u00e0 Temple&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce livre avec les 250 b\u00e9vues des traducteurs&nbsp;\u00bb (FJTB04-0010).<\/p>\n<p>Le <em>Midi libre<\/em> du 20 janvier 1955 consacre un grand article \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Dans son modeste appartement de la villa \u201cLes Rosiers\u02ee, le grand \u00e9crivain Richard Aldington a \u00e9crit son <em>Lawrence l\u2019imposteur<\/em>, avec lequel il va froisser ses compatriotes en d\u00e9truisant le mythe du h\u00e9ros de l\u2019Arabie&nbsp;\u00bb (FJTI04-0022). Le journaliste y campe l\u2019\u00e9crivain, \u00ab&nbsp;costume marron\u2026 veste en velours\u2026 cravate bleu-roi\u2026 mocassins&nbsp;\u00bb, dans ce qui n\u2019est plus une villa bourgeoise mais une simple pension de famille <sup><a id=\"ref1\" href=\"#note1\">1<\/a><\/sup> : \u00ab&nbsp;Sa propre chambre a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en cabinet de travail o\u00f9 les livres s\u2019amoncellent sur l\u2019\u00e9troite table, sur une commode, dans des casiers, par terre, sur la chemin\u00e9e o\u00f9 ils voisinent avec de nombreuses cartes enlumin\u00e9es souhaitant \u00e0 l\u2019\u00e9crivain \u201ca merry Christmas and a happy new year\u02ee. C\u2019est \u00e0 peine si le lit et le lavabo sont exempts de livres.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-729-2\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Debut-emission-Aldington-1954-puis-debut-entretiens-Aldington-1955.mp3?_=2\" \/><a href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Debut-emission-Aldington-1954-puis-debut-entretiens-Aldington-1955.mp3\">https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Debut-emission-Aldington-1954-puis-debut-entretiens-Aldington-1955.mp3<\/a><\/audio>\n<p><em>D\u00e9but de l\u2019\u00e9mission avec Richard Aldington&nbsp;: sa r\u00e9action \u00e0 la pol\u00e9mique suscit\u00e9e par son livre-v\u00e9rit\u00e9 sur Lawrence d&rsquo;Arabie. La d\u00e9claration est reprise sur la Cha\u00eene nationale dans une \u00e9mission de Pierre Sipriot \u00a9 D.R \/ Fonds Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple, M\u00e9diath\u00e8que \u00c9mile Zola (Montpellier).<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_806\" aria-describedby=\"caption-attachment-806\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3_B341726101_FJTD04_0008.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-806\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3_B341726101_FJTD04_0008-1024x848.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"373\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3_B341726101_FJTD04_0008-1024x848.jpg 1024w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3_B341726101_FJTD04_0008-300x249.jpg 300w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3_B341726101_FJTD04_0008-768x636.jpg 768w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3_B341726101_FJTD04_0008-1536x1272.jpg 1536w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3_B341726101_FJTD04_0008-2048x1696.jpg 2048w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3_B341726101_FJTD04_0008-1200x994.jpg 1200w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/3_B341726101_FJTD04_0008-1320x1093.jpg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 85vw, 450px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-806\" class=\"wp-caption-text\">Au micro de Temple en novembre 1954, Aldington vient parler de son livre Lawrence l\u2019imposteur r\u00e9cemment paru chez Amiot-Dumont et le r\u00e9sumer \u00e0 grands traits. Fonds Temple de Montpellier, cote FJTD04_0008 \u00a9 D.R \/ Fonds Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple, M\u00e9diath\u00e8que \u00c9mile Zola (Montpellier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple donne une pr\u00e9sentation tr\u00e8s neutre du livre dans un journal local (FJTI04-0021), mais il cherche \u00e0 placer un papier plus substantiel dont le fonds conserve deux versions tapuscrites avec quelques corrections manuscrites (FJTA04-0042). Il s\u2019intitule&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019affaire Lawrence. \u201cT. E. d\u00e9testait la France, \u00e0 cause des femmes\u02ee, d\u00e9clare l\u2019\u00e9crivain anglais Richard Aldington&nbsp;\u00bb. Il s\u2019agit en fait d\u2019une interview d\u2019Aldington, dont le dossier contient \u00e9galement l\u2019original anglais. L\u2019article est propos\u00e9 \u00e0 <em>France-Soir<\/em>, mais Roger Giron, conseiller de la r\u00e9daction, le refuse dans une lettre du 18 janvier 1955 (FJTC04-0103) au motif qu\u2019il a lui-m\u00eame publi\u00e9 une recension de l\u2019ouvrage le 7 janvier (FJTI04-0003). Il propose alors \u00e0 Temple d\u2019\u00ab&nbsp;utiliser l\u2019interview&nbsp;\u00bb dans une autre publication du groupe. C\u2019est ce qui est fait dans <em>France-Dimanche<\/em> sous un titre l\u00e9g\u00e8rement modifi\u00e9 mais nettement plus racoleur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Lawrence d\u00e9testait la France parce qu\u2019il aimait Dahoum&nbsp;\u00bb, Dahoum \u00e9tant le jeune arabe qui l\u2019accompagnait lors d\u2019une exp\u00e9dition au Liban (FJTI04-0024). L\u2019interview est tronqu\u00e9e et accompagn\u00e9e de commentaires qui ne figurent pas dans la version de Temple. Aldington s\u2019indigne du proc\u00e9d\u00e9, qu\u2019il voit comme une publicit\u00e9 d\u00e9guis\u00e9e pour l\u2019ouvrage de Jean B\u00e9raud-Villars, <em>Le Colonel Lawrence ou la Recherche de l\u2019absolu<\/em> (Albin Michel, 1955)&nbsp;: \u00ab&nbsp;The garbling of your interview is schocking, but it was done to prepare the way for the book by B\u00e9raud-Villars&nbsp;\u00bb (lettre du 27 f\u00e9vrier 1955, FJTC00-0577). Il n\u2019en remercie pas moins Temple pour son soutien&nbsp;: \u00ab&nbsp;All thanks for your help in this strange affair, cette t\u00e9n\u00e9breuse affaire.&nbsp;\u00bb Avec une ironie cinglante, il lui \u00e9crivait, deux jours plus t\u00f4t&nbsp;: \u00ab&nbsp;I saw your piece in <em>France Dimanche<\/em>, so beautifully escorted by a friend of M. B\u00e9raud-Villars (if that is the name) who thinks that Lawrence is the Hamlet of the 20th century. Well\u2026 Would you write <em>France Dimanche<\/em> from me and point out 1) that Hamlet was not a pederast nor a liar nor a bastard nor a second-rate writer&nbsp;; 2) that Hamlet WAS Prince of Denmark and Lawrence was NOT Prince of Mecca&nbsp;; 3) that you can fool all the people some of the time and some of the people all of the time but you can\u2019t fool all the people all the time&nbsp;\u00bb (lettre du 25 f\u00e9vrier 1955, FJTC00-0576). Le ton est donn\u00e9&nbsp;!<\/p>\n<p>Laissons l\u00e0 la fureur de la pol\u00e9mique et revenons \u00e0 la villa Les Rosiers. Dans son t\u00e9moignage sur Aldington Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple glisse, sans crier gare, cette incise personnelle&nbsp;: \u00ab&nbsp;I even found that, in the Villa les Rosiers on the outskirts of Montpellier, he occupied the very room in which I was born.&nbsp;\u00bb Je sursaute&nbsp;! Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple serait-il n\u00e9 aux Rosiers&nbsp;? L\u2019histoire para\u00eet trop belle pour \u00eatre vraie&nbsp;! J\u2019interroge aussit\u00f4t Brigitte Portal, qui me d\u00e9voile le pot-aux-roses&nbsp;: \u00ab&nbsp;En effet Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple nous a toujours dit (\u00e0 nous, \u00e0 ses enfants, \u00e0 ses amis et certainement \u00e0 Richard Aldington) qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 la Villa des Rosiers, il l\u2019a \u00e9crit, nous y avons fait des p\u00e8lerinages. Lors d\u2019une intervention de Pierre-Marie H\u00e9ron au colloque de Cerisy, nous avons appris qu\u2019il n\u2019en \u00e9tait rien. Nous sommes tous tomb\u00e9s des nues&nbsp;! \u00c7a l\u2019a fait rire. Aucun sentiment de culpabilit\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb Est jointe au message une page de <em>La Maison des premiers \u00e9mois<\/em> (M\u00e9ridianes, 2019) dans laquelle Temple s\u2019amuse de la supercherie&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019avais entendu dire qu\u2019\u00e0 ma naissance, ma m\u00e8re avait pris un mois de repos dans une villa des parages encore campagnards de Montpellier et je me suis longtemps laiss\u00e9 aller \u00e0 imaginer, puis \u00e0 pr\u00e9tendre, voire m\u00eame \u00e0 \u00e9crire que l\u00e0 \u00e9tait ma maison natale. Lors d\u2019un r\u00e9cent colloque, un universitaire soucieux de v\u00e9rit\u00e9 biographique a impitoyablement mis fin \u00e0 cette fable. Je compte bien sur l\u2019universit\u00e9, qui me conna\u00eet beaucoup mieux que moi-m\u00eame, pour trouver un sens \u00e0 cette tentative de fiction que pour ma part, je ne m\u2019explique pas.&nbsp;\u00bb La maison o\u00f9 aurait pu na\u00eetre Temple m\u00e9ritait en tout cas qu\u2019on s\u2019y arr\u00eate un instant.<\/p>\n<figure id=\"attachment_820\" aria-describedby=\"caption-attachment-820\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4_B341726101_FJTD04_0007_r-scaled.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-820\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4_B341726101_FJTD04_0007_r-1024x1011.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"445\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4_B341726101_FJTD04_0007_r-1024x1011.jpg 1024w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4_B341726101_FJTD04_0007_r-300x296.jpg 300w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4_B341726101_FJTD04_0007_r-768x759.jpg 768w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4_B341726101_FJTD04_0007_r-1536x1517.jpg 1536w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4_B341726101_FJTD04_0007_r-2048x2023.jpg 2048w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4_B341726101_FJTD04_0007_r-1200x1185.jpg 1200w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/4_B341726101_FJTD04_0007_r-1320x1304.jpg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 85vw, 450px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-820\" class=\"wp-caption-text\">La villa\u00a0des Rosiers, 3 avenue de Castelnau, o\u00f9 Temple s\u2019est longtemps persuad\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9, \u00ab\u00a0une nuit d\u2019orage\u00a0\u00bb, en 1921. Fonds Temple de Montpellier, cote FJTD04_0007 \u00a9 D.R \/ Fonds Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple, M\u00e9diath\u00e8que \u00c9mile Zola (Montpellier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>1 <a id=\"note1\" href=\"#ref1\">\u2191<\/a> St\u00e9phane S\u00e9bert-Montels a retrac\u00e9 l\u2019histoire de cette maison dans son blog&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pierre-Rouge 46&nbsp;: De la propri\u00e9t\u00e9 Alicot \u00e0 la pension Les Rosiers \u2012 Le footballeur Herv\u00e9 Mirouze et l\u2019\u00e9crivain Richard Aldington&nbsp;\u00bb, 10 d\u00e9cembre 2021 (consult\u00e9 le 9 mai 2026). En ligne <a href=\"https:\/\/arbrier.blogspot.com\/2021\/12\/pierre-rouge-46-de-la-propriete-alicot.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a>.<\/p>\n<hr \/>\n<h3>Actualit\u00e9s<\/h3>\n<p style=\"text-align: left;\">par Brigitte Portal-Temple<\/p>\n<p>Philippe et Bernadette Coquelet m\u2019avaient offert leurs services pour rendre le bureau de FJT (il voulait qu\u2019on l\u2019appelle son atelier) accessible, habitable et visitable. Le r\u00e9sultat est \u00e9tonnant. Ils ont dompt\u00e9 le chaos en trois jours de travail intense le week-end du premier mai. Il est d\u00e9sormais beaucoup plus facile d\u2019y trouver ce que l\u2019on y cherche et m\u00eame ce que l\u2019on n\u2019y cherche pas. Et l\u2019esprit du lieu ne s\u2019est pas envol\u00e9 pour autant.<br \/>\nJ\u2019ai pu inviter Didier Travier \u00e0 y passer une journ\u00e9e avec moi le 18 juin afin de d\u00e9cider quels \u00e9taient encore les documents susceptibles de rejoindre le fonds FJT \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que centrale \u00c9mile Zola. Je n\u2019avais pas eu d\u2019interlocuteur depuis le d\u00e9part en retraite de Gilles Gudin de Vallerin.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a  href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1.gif\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-871 aligncenter\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif\" alt=\"\" width=\"15\" height=\"15\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif 150w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-296x300.gif 296w\" sizes=\"auto, (max-width: 15px) 85vw, 15px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Le Jardin des Plantes de Montpellier, un jardin litt\u00e9raire<\/em>\u00a0est paru aux \u00e9ditions L\u2019Auc\u00e8u libre, en f\u00e9vrier 2026. Le grand po\u00e8me \u00ab\u00a0Apr\u00e8s-midi au Jardin des plantes\u00a0\u00bb y est reproduit ainsi que de plus courtes citations de FJT. Les photographies sont de notre voisin sommi\u00e9rois Max Sagon.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a  href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1.gif\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-871 aligncenter\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif\" alt=\"\" width=\"15\" height=\"15\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif 150w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-296x300.gif 296w\" sizes=\"auto, (max-width: 15px) 85vw, 15px\" \/><\/a><\/p>\n<p>L\u2019ouvrage de Pierre Charvet, <em>Le Code Bach<\/em>, paru en f\u00e9vrier 2026 chez Le mot et le reste, ouvre sur une citation de FJT (\u00ab\u00a0\u00d4 Musique, d\u00e9livr\u00e9e du temps&#8230;\u00a0\u00bb) et d\u00e9bute par l\u2019\u00e9vocation d\u2019un spectacle de Jacques Bioul\u00e8s (en 1976) sur <em>Dix Po\u00e8mes sur l\u2019Art de la Fugue<\/em> de FJT.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a  href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1.gif\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-871 aligncenter\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif\" alt=\"\" width=\"15\" height=\"15\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif 150w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-296x300.gif 296w\" sizes=\"auto, (max-width: 15px) 85vw, 15px\" \/><\/a><\/p>\n<p>La revue de po\u00e9sie\u00a0<em>Les Carnets d\u2019Eucharis<\/em> a command\u00e9 \u00e0 Emmanuel Fillot un portrait de FJT pour son volume papier \u00e0 para\u00eetre en 2027.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a  href=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1.gif\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-871 aligncenter\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif\" alt=\"\" width=\"15\" height=\"15\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif 150w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-296x300.gif 296w\" sizes=\"auto, (max-width: 15px) 85vw, 15px\" \/><\/a><\/p>\n<p>L\u2019actualit\u00e9 de FJT est surtout faite actuellement de projets, mais de projets convaincants \u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Un projet d\u2019\u00e9dition des aquarelles (ou gouaches) d\u2019anniversaire accompagn\u00e9es de vers de mirliton, offertes par Vincent Bioul\u00e8s \u00e0 FJT chaque 18 ao\u00fbt durant 36 ans. Elles pourraient \u00eatre associ\u00e9es \u00e0 des po\u00e8mes choisis de FJT. Pierre Charvet a sollicit\u00e9 avec succ\u00e8s Pierre Manuel, des \u00e9ditions M\u00e9ridianes. Il l\u2019a rencontr\u00e9 le 30 mai dernier \u00e0 Montpellier pour une premi\u00e8re r\u00e9union de travail.<\/li>\n<li>Un livre d\u2019artiste de David Huguenin avec lequel FJT avait publi\u00e9 <em>La couleur de l\u2019air<\/em> (en 2017), po\u00e8mes inspir\u00e9s par les \u0153uvres du photographe. David voudrait inverser le dispositif en cr\u00e9ant des images \u00e0 partir des po\u00e8mes.<\/li>\n<li>Un podcast et pourquoi pas un film, <em>Le Po\u00e8te et le Spahi<\/em>, tentative d\u2019\u00e9voquer la guerre d\u2019un grand-p\u00e8re qui n\u2019a jamais racont\u00e9, gr\u00e2ce aux textes de FJT.\u00a0 Isabelle Sieurin et Arthur Quaranta, les deux auteur\u00b7rice\u00b7s, en parlent ainsi&nbsp;: En 1943, deux jeunes spahis du 3e RSA, Robert Duhaut, leur grand-p\u00e8re et arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, et F. J. Temple, suivent la m\u00eame route, de Batna en Alg\u00e9rie aux combats meurtriers de la campagne d\u2019Italie. Temple fera de la guerre une des racines profondes de son \u00e9criture. Robert Duhaut, gri\u00e8vement bless\u00e9, n\u2019en parlera jamais. Le documentaire sonore <em>Le Po\u00e8te et le Spahi<\/em> explore l\u2019\u00e9trange r\u00e9sonance entre ces deux destins&nbsp;: la parole du po\u00e8te face au silence du soldat. \u00c0 partir des po\u00e8mes de F. J. Temple, d\u2019archives militaires, d\u2019un journal de marche retrouv\u00e9 dans la famille des auteur\u00b7rice\u00b7s et des voix de trois g\u00e9n\u00e9rations, le documentaire sonore retracera la travers\u00e9e de Venafro, Monte Cassino et du front italien, pan mal connu de la Seconde Guerre mondiale, marqu\u00e9 par 170&nbsp;000 morts. <em>Le Po\u00e8te et le Spahi<\/em> : une m\u00e9ditation intime et sensible sur la guerre, un projet de transmission de la m\u00e9moire familiale.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-871 aligncenter\" src=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif\" alt=\"\" width=\"46\" height=\"46\" srcset=\"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-150x150.gif 150w, https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/etoile-1-296x300.gif 296w\" sizes=\"auto, (max-width: 46px) 85vw, 46px\" \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant-propos Le 18 ao\u00fbt Cette Lettre s\u2019ouvre sur une date, celle de la naissance de Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple, cette \u00ab&nbsp;nuit d\u2019orage&nbsp;\u00bb dont il parle tout au long de son \u0153uvre. 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