{"id":380,"date":"2014-01-10T11:07:16","date_gmt":"2014-01-10T11:07:16","guid":{"rendered":"http:\/\/lesuniversdetemple.wordpress.com\/?page_id=2"},"modified":"2026-03-17T14:34:33","modified_gmt":"2026-03-17T14:34:33","slug":"accueil","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/","title":{"rendered":"\u00c9v\u00e9nement"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/lesuniversdetemple.wordpress.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/frederic-jacques-temple-les-cent-ans_premiere-de-couverture-1.jpeg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lesuniversdetemple.wordpress.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/frederic-jacques-temple-les-cent-ans_premiere-de-couverture-1.jpeg?w=706\" alt=\"\" class=\"wp-image-671\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Nous avons le plaisir de vous annoncer&nbsp;la parution,&nbsp;aux \u00e9ditions <a href=\"https:\/\/domens.pagesperso-orange.fr\/\">Domens<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.meridianes.fr\/\">M\u00e9ridianes<\/a>, de l&rsquo;ouvrage&nbsp;<em>Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple : les cent ans<\/em>, qui&nbsp;r\u00e9unit les actes de la journ\u00e9e d&rsquo;\u00e9tude organis\u00e9e l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Montpellier pour marquer le centenaire de la naissance du po\u00e8te, enrichis d&rsquo;une republication en fac-simil\u00e9 de son premier recueil,&nbsp;<em>Seul \u00e0 bord<\/em>,&nbsp;devenu introuvable, et d&rsquo;une abondante iconographie.&nbsp;Textes de Marie-Paule Berranger, Camille Charvet, Alain Cl\u00e9ment, Jean-Claude For\u00eat, Pierre-Marie H\u00e9ron, Marie Joqueviel-Bourjea, Claude Leroy, G\u00e9rard Lieber et Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Consacr\u00e9 pour l&rsquo;essentiel aux&nbsp;oeuvres post\u00e9rieures \u00e0 2015 (<em>Une longue vague porteuse<\/em>,&nbsp;<em>Dans l\u2019erre des vents<\/em>,&nbsp;<em>Divagabondages<\/em>,&nbsp;<em>Par le sextant du soleil<\/em>),&nbsp;le volume s&rsquo;inscrit logiquement dans la suite de&nbsp;<em>P\u00e9riples &amp; parages. L\u2019\u0153uvre de Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple<\/em>, actes du colloque de Cerisy-la-Salle organis\u00e9s en ao\u00fbt de cette ann\u00e9e-l\u00e0,&nbsp;publi\u00e9s en 2016 aux \u00e9ditions Hermann (Marie-Paule Berranger, Pierre-Marie H\u00e9ron, Claude Leroy dir.). Place a \u00e9t\u00e9 faite aussi aux commencements du po\u00e8te, ainsi qu\u2019aux nombreux livres d\u2019artiste r\u00e9alis\u00e9s avec le peintre Alain Cl\u00e9ment,&nbsp;qui, au fil d&rsquo;un dialogue g\u00e9n\u00e9reux et p\u00e9tillant, jette sur la&nbsp;<em>convenance<\/em>&nbsp;de leurs temp\u00e9raments de cr\u00e9ateurs un \u00e9clairage lumineux et joyeux. Camille Charvet, sa petite-fille, raconte les derni\u00e8res ann\u00e9es d\u2019un \u00e9crivain qui donnait \u00e0 ses proches \u00ab l\u2019impression merveilleuse de c\u00f4toyer une forme de mythe, un mythe certes intime, familier, mais un mythe tout de m\u00eame \u00bb. Lire l\u2019oeuvre de Temple communique une extraordinaire impression de vitalit\u00e9 indomptable, d\u00e9sirante jusqu\u2019au bout.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Table des mati\u00e8res&nbsp;<\/strong><br><br><strong>Pierre-Marie H\u00e9ron&nbsp;<\/strong><br>Introduction. Ce tr\u00e8s grand vivant<br><br><strong>Claude Leroy&nbsp;<\/strong><br>Les trois commencements du po\u00e8te<br><br><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple<\/strong><br><em>Seul \u00e0 bord<\/em>. Fac-simil\u00e9 de l\u2019\u00e9dition originale (1945)<br><br><strong>Pierre-Marie H\u00e9ron<\/strong><br>Modeste Temple (<em>Divagabondages<\/em>)<br><br><strong>G\u00e9rard Lieber<\/strong><br>Pyth\u00e9as et Goodson (<em>Une longue vague porteuse<\/em>)<br><br><strong>Alain Cl\u00e9ment, Marie Joqueviel-Bourjea<\/strong><br>Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple &amp; Alain Cl\u00e9ment&nbsp;: dialogues dans et par le livre<br><br>Cahier iconographique 1&nbsp;: Livres r\u00e9alis\u00e9s avec Cl\u00e9ment<br><br><strong>Marie-Paule Berranger<\/strong>&nbsp;<br>Traces de vie et lignes d\u2019erre (<em>Dans l\u2019erre des vents<\/em>)<br><br><strong>Jean-Claude For\u00eat<\/strong><br>Faire le point une derni\u00e8re fois (<em>Par le sextant du soleil<\/em>)<br><br>Cahier iconographique 2&nbsp;: Photos, livres, manuscrits et documents<br><br><strong>Camille Charvet&nbsp;<\/strong><br>FJT en priv\u00e9. Cinq ann\u00e9es \u00ab&nbsp;en rade d\u2019Aujargues&nbsp;\u00bb<br><br>Bibliographie<br>Table des illustrations<br>Remerciements<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>EAN : 9782357801356<\/li>\n\n\n\n<li>116 pages<\/li>\n\n\n\n<li>Prix : 18 EUR<\/li>\n<\/ul>\n\n\n<h1>Paru en 2021, ann\u00e9e du centenaire<\/h1>\n<p><em>\u00ab\u00a0Vivre d&rsquo;abord\u00a0\u00bb. Hommage \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple, <\/em>Montpellier, <a href=\"https:\/\/www.meridianes.fr\/\">\u00e9ditions M\u00e9ridianes<\/a>, avril 2021, 80 p., 20 illustrations, 18 \u20ac. Textes du po\u00e8te : \u00ab\u00a0La maison des premiers \u00e9mois\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0La rue de l\u2019Aiguillerie\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0La couleur de l\u2019air\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0Arrangements incertains\u00a0\u00bb. Entretien avec Pierre-Marie H\u00e9ron sur <em>Une longue vague porteuse<\/em>. Textes de Vincent Bioul\u00e8s, Pierre Manuel, Luis Miz\u00f3n. Dessin de Vincent Bioul\u00e8s. Peintures d\u2019Alain Cl\u00e9ment et de Carmelo Zagari. Photographies de Charles Camberoque.<\/p>\n<p><em>Dans le soleil de tes mots. En m\u00e9moire de Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple<\/em>, Montpellier \/ P\u00e9zenas, \u00e9ditions <a href=\"https:\/\/domens.pagesperso-orange.fr\/\">Domens<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.meridianes.fr\/\">M\u00e9ridianes<\/a>, juillet 2021, 116 p., 18 \u20ac.\u00a0 Dix-neuf hommages au po\u00e8te \u00e0 l&rsquo;occasion du Printemps des po\u00e8tes 2021, r\u00e9unis par Annie Est\u00e8ves.<\/p>\n<h1>Documentaire<\/h1>\n<p><em>La Route et le Temps<\/em>, prod. Daniel Martin &amp; Les films du Yasur, r\u00e9al. Oswald Da Cruz, propose une plong\u00e9e dans l&rsquo;oeuvre et la vie du po\u00e8te. Le film a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 sur France 3 Occitanie les 7 octobre\u00a0 et 4 d\u00e9cembre 2020, dans une version de 52 mn (il existe une version de 75 mn). Le film n&rsquo;est plus accessible en replay, mais on peut en avoir des aper\u00e7us \u00e0 travers <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/watch\/?ref=search&amp;v=1304788756519440&amp;external_log_id=16580fbf-f3cc-44d6-8f32-655c8b10084d&amp;q=fr%C3%A9d%C3%A9ric%20jacques%20temple\">une bande-annonce<\/a> de 2020 et <a href=\"https:\/\/vimeo.com\/164323400\">une autre<\/a> de 2016. Dossier de presse <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/events\/1140348436023120\/?active_tab=discussion\">ici<\/a>.<\/p>\n<h1>Entretien avec Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple<\/h1>\n<p><strong>\u00c0 l&rsquo;occasion de la parution d&rsquo;<em>Une longue vague porteuse<\/em> aux \u00e9ditions Actes Sud, au cours d&rsquo;une rencontre avec l&rsquo;auteur <\/strong><strong>vendredi 17 juin 2016 au Grand auditorium de la M\u00e9diath\u00e8que \u00c9mile-Zola \u00e0 Montpellier, organis\u00e9e en partenariat avec la Maison de la Po\u00e9sie en Languedoc.<\/strong> <strong>Photos : Patrick Hannais. Extraits. Entretien complet \u00e0 retrouver dans <em>\u00ab\u00a0Vivre d&rsquo;abord\u00a0\u00bb. Hommage \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple<\/em>, paru aux \u00e9ditions M\u00e9ridianes.<br \/><\/strong><\/p>\n<p><strong>Pierre-Marie H\u00e9ron \u2012\u00a0<\/strong>Je voudrais, pour parler avec vous de votre dernier livre, <em>Une longue vague porteuse<\/em>, m\u2019en tenir \u00e0 la seule premi\u00e8re page, \u00e0 cette sorte d\u2019avis au lecteur que vous venez de lire, et qui peut guider en quelque sorte de ses lumi\u00e8res, un peu comme un phare en mer, notre navigation de lecteur.<\/p>\n<p>Ma premi\u00e8re question est celle d\u2019un lecteur de l\u2019ensemble de votre \u0153uvre\u00a0: je retrouve dans cette page de nombreuses formulations d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes dans le premier volume de votre cycle sur l\u2019enfance, qui est <em>Les Eaux mortes<\/em>. Dans <em>Les Eaux mortes<\/em> d\u00e9j\u00e0, il y a donc quarante ans, vous parliez de vous en effet comme d\u2019un kal\u00e9idoscope, et vous \u00e9criviez (p.\u00a038)\u00a0: \u00ab\u00a0Tout \u00e9merge de conserve\u2026 Les souvenirs se chevauchent, s\u2019interpellent, quelquefois s\u2019annulent\u2026 Tout s\u2019agite en moi, p\u00eale-m\u00eale\u00a0\u00bb. Et ici\u00a0: \u00ab\u00a0Tout \u00e9merge sans ordre, se rencontre, se rejoint, se heurte, se m\u00e9lange, s\u2019annule, se recr\u00e9e\u2026 La m\u00e9moire est un kal\u00e9idoscope\u00a0\u00bb. On a un peu l\u2019impression en lisant cet \u00e9cho (fait expr\u00e8s n\u2019est-ce pas) d\u2019un livre dans l\u2019autre \u00e0 quarante ans de distance, que vous avez voulu boucler une boucle, et r\u00e9affirmer l\u2019importance, quand on fait \u00ab\u00a0\u0153uvre de m\u00e9moire\u00a0\u00bb comme vous, de respecter le fonctionnement sauvage, d\u00e9sordonn\u00e9, de la m\u00e9moire. De ne pas appartenir \u00e0 la \u00ab\u00a0race des architectes\u00a0\u00bb, comme disait Cocteau, qui \u00ab\u00a0\u00e9chafaudent\u00a0\u00bb leurs \u0153uvres au lieu de les laisser \u00ab\u00a0pousser\u00a0\u00bb. Qu\u2019en pensez-vous\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple \u2012<\/strong> <em>Oui, d\u2019autant plus que le mot \u00ab\u00a0\u00e9chafauder\u00a0\u00bb me para\u00eet trop proche de celui de \u00ab\u00a0guillotiner\u00a0\u00bb, ce qui est tr\u00e8s loin de m\u2019inspirer. Ceci dit, non, je n\u2019ai pas voulu \u00ab\u00a0boucler la boucle\u00a0\u00bb, car je suis d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 suivre ma route le plus longtemps possible. Pas question de d\u00e9poser le bilan. Je ne sais pas encore ce qui va suivre, mais je peux assurer que les po\u00e8mes ont \u00e0 jouer un r\u00f4le majeur qui est de reconstruire un meuble avec les copeaux d\u2019un arbre. Ce qui est impossible, c\u2019est-\u00e0-dire enthousiasmant. <\/em>Les Eaux mortes <em>est, en effet, la premi\u00e8re tentative de rassembler les morceaux d\u2019une vie encore \u00e0 ses d\u00e9buts\u00a0: l\u2019enfance, la jeunesse \u00e0 la fois close et ouverte \u00e0 tous les vents\u00a0; la guerre, meurtri\u00e8re de ma jeunesse\u00a0; les voyages lib\u00e9rateurs. J\u2019ai laiss\u00e9 tout cela pousser, voire fleurir, dans le d\u00e9sordre qui est la grande loi de la m\u00e9moire, et peut-\u00eatre la m\u00e9taphore du grand d\u00e9sordre de la plan\u00e8te, et je tente de recr\u00e9er par l\u2019\u00e9criture un \u00eatre qui est la somme de plusieurs.<\/em><\/p>\n<p>Il me semble en m\u00eame temps que ces r\u00e9flexions sur le moi kal\u00e9idoscope s\u2019inscrivaient il y a quarante ans dans un climat assez d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, m\u00eame si, avec Blaise Cendrars, vous \u00e9tiez sensible aux \u00ab\u00a0vertus vitales du d\u00e9sespoir\u00a0\u00bb et refusiez de c\u00e9der au pessimisme. Un d\u00e9sespoir qui \u00e9tait celui de ne pas pouvoir redonner vie \u00e0 votre enfance vol\u00e9e par la guerre et de ne pas pouvoir \u00ab\u00a0rassembler les morceaux de moi-m\u00eame\u00a0\u00bb, \u00e9criviez-vous dans <em>Les Eaux mortes<\/em>. En somme, ce fameux p\u00eale-m\u00eale de la m\u00e9moire \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9poque devant vous comme un obstacle, un adversaire. Aujourd\u2019hui, dans Une longue vague porteuse, vous en faites l\u2019\u00e9loge plut\u00f4t et on a l\u2019impression que vous y trouvez votre compte. Est-ce que je me trompe\u00a0? Que s\u2019est-il pass\u00e9 pour que s\u2019op\u00e8re une telle transformation\u00a0?<\/p>\n<p><em>Le pessimisme est une maladie difficile \u00e0 soigner et peut-\u00eatre impossible \u00e0 vaincre. Le d\u00e9sespoir est, ou devrait \u00eatre, un tremplin pour, justement, ne pas \u00ab\u00a0boucler la boucle\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em>J\u2019ai, sans doute, voulu \u00e9crire pour me lib\u00e9rer, tenter d\u2019y voir plus clair, sans y avoir \u00e9videmment r\u00e9ussi. J\u2019ai publi\u00e9 en 1951 un petit r\u00e9cit, <\/em>Inferno<em>, trop proche de mon exp\u00e9rience de la guerre, et qui est une des sources des <\/em>Eaux mortes<em>, livre que j\u2019ai mis tr\u00e8s longtemps \u00e0 \u00e9crire, et qui n\u2019a paru qu\u2019en 1975. Mais j\u2019avais alors encore besoin de prendre du temps, de la distance. Ce que vous appelez \u00ab\u00a0transformation\u00a0\u00bb est sans aucun doute le produit de nouvelles exp\u00e9riences ou circonstances de la vie, et de la maturit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture. C\u2019est vrai que pour parler simplement de ma vie, je me sens beaucoup plus apais\u00e9 aujourd\u2019hui que je ne l\u2019\u00e9tais il y a cinquante ans.<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-604\" src=\"https:\/\/lesuniversdetemple.wordpress.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/fjt-pmh_grosplan_17juin2016.jpg\" alt=\"FJT-PMH_grosplan_17juin2016\" width=\"1920\" height=\"1080\" \/><\/p>\n<p>Il y a me semble-t-il dans votre dernier livre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de souvenirs d\u00e9j\u00e0 rev\u00e9cus ou recr\u00e9\u00e9s dans des livres pr\u00e9c\u00e9dents, des souvenirs neufs si l\u2019on peut dire, ou rest\u00e9s assez discrets jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Comme si vous aviez \u00e9prouv\u00e9 le besoin, \u00e0 la fin d\u2019une longue vie et \u00ab avant l\u2019atterrage \u00bb, de les faire entrer dans la r\u00e9alit\u00e9 de vos livres et de compl\u00e9ter le portrait de vous qui se dessine dans vos livres. \u00cates-vous d\u2019accord pour dire cela et si oui, pouvez-vous \u00e9voquer certains de ces \u00ab souvenirs neufs \u00bb consciemment introduits dans <em>Une longue vague porteuse<\/em>\u00a0?<\/p>\n<p><em>\u00c7a n\u2019est pas une d\u00e9marche volontaire. Je ne cherche pas \u00e0 faire le bilan, comme je vous l\u2019ai dit. Les \u00ab\u00a0souvenirs neufs\u00a0\u00bb que vous avez rep\u00e9r\u00e9s peuvent bien \u00eatre parmi les plus anciens. Lorsqu\u2019on remue la terre aux alentours de Verdun, on d\u00e9couvre des reliques du carnage\u00a0: ba\u00efonnettes rouill\u00e9es, casques perfor\u00e9s, des ceinturons, des obus qui n\u2019ont pas explos\u00e9, et pire, des cr\u00e2nes \u00e0 jamais anonymes. Dans la m\u00e9moire, sont encore enfouis des moments, des \u00e9v\u00e8nements, des personnages, des couleurs, des odeurs, des musiques, des \u00e9lans de joie ou des nuages de malheurs qui peuvent ressurgir sans avertir ou bien rester \u00e0 jamais oubli\u00e9s. Je ne sais plus ce qu\u2019il y a de neuf, dans mon dernier livre, peut-\u00eatre la rencontre avec la baleine, au large des Bal\u00e9ares mais cela m\u2019a surtout \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion d\u2019\u00e9voquer quelques navigateurs ou baleiniers que j\u2019admire. Ce peut-\u00eatre aussi une chose tr\u00e8s r\u00e9cente comme la visite du mus\u00e9e Zadkine, si rang\u00e9, si propre, ressuscitant pour Arthur Secunda (un ami peintre, \u00e9l\u00e8ve de Zadkine) et moi, le souvenir de l\u2019atelier originel, indescriptible capharna\u00fcm.<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-603\" src=\"https:\/\/lesuniversdetemple.wordpress.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/fjt-pmh_17juin2016.jpg\" alt=\"FJT-PMH_17juin2016\" width=\"1920\" height=\"1080\" \/><\/p>\n<p>Pouvez-vous nous dire quelques mots pour finir, sur votre travail d\u2019\u00e9crivain pour ce livre : comment s\u2019est-il \u00ab fabriqu\u00e9 \u00bb concr\u00e8tement ? Comment a-t-il commenc\u00e9, \u00e0 quel rythme l\u2019avez-vous tenu, sur quel(s) support(s) (un carnet, des feuilles volantes\u2026), en observant (ou non) quels \u00ab rites \u00bb (\u00e9crire dans telle pi\u00e8ce, \u00e0 telle heure, avec tel stylo, etc.) ?<\/p>\n<p><em>Ce livre, comme les autres, a progress\u00e9, ou pour reprendre le mot de Cocteau, a pouss\u00e9 lentement, ce qui ne peut \u00e9tonner ceux qui l\u2019ont lu, car j\u2019y fais l\u2019\u00e9loge de la lenteur. Non, je n\u2019ai pas de discipline, d\u2019heures de bureau et je fais bien d\u2019autres choses qu\u2019\u00e9crire. Je dors, je mange, je lis, et surtout je relis, je regarde des films, j\u2019\u00e9coute de la musique, j\u2019envoie des lettres, je suis le sport \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, je voyage encore un peu, je prends le temps de r\u00eaver, je re\u00e7ois des amis, des enfants, des inconnus et tr\u00e8s rarement, Dieu merci, des emmerdeurs. Bref, je vis normalement, si je puis dire, fid\u00e8le \u00e0 ma devise\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Vivre d\u2019abord \u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em>Pour ce livre, comme pour les autres, j\u2019ai noirci des carnets de notes de lectures, d\u2019adresses, de citations, de recettes de cuisine, de pens\u00e9es plus ou moins profondes, mais dont je me sers finalement tr\u00e8s peu. Et je n\u2019ai pas de rites, d\u2019habitudes, j\u2019\u00e9cris dans un lieu que je compare davantage \u00e0 un atelier, et m\u00eame \u00e0 un foutoir, qu\u2019\u00e0 un bureau. J\u2019y suis prisonnier non seulement de plusieurs centaines de livres que je n\u2019ai pas relus depuis tr\u00e8s longtemps, ou m\u00eame que je n\u2019ai jamais lus, et aussi d\u2019innombrables archives, mais encore et peut-\u00eatre surtout de ce que j\u2019ai collectionn\u00e9, accumul\u00e9 et ramen\u00e9 de mes voyages pendant plus d\u2019un demi-si\u00e8cle, ce qui me faisant r\u00eaver, me conduit souvent \u00e0 oublier d\u2019\u00e9crire. Tout cela commence \u00e0 trouver refuge quelque part dans le secret de cette M\u00e9diath\u00e8que.<\/em><\/p>\n<p><em>Non, je n\u2019ai pas de stylo hors de prix\u00a0; sinon celui que m\u2019a offert Gilles Gudin de Vallerin pour mon dernier anniversaire \u00e0 Cerisy. Je le sors pour les grandes occasions. J\u2019utilise g\u00e9n\u00e9ralement un simple \u00ab\u00a0Pilot N\u00b0 7\u00a0\u00bb. Ensuite je transcris le texte, tout en le corrigeant ou le modifiant, sur mon petit ordinateur qui ne me sert que de machine \u00e0 \u00e9crire (et l\u00e0 j\u2019\u00e9voque avec nostalgie mes vieilles Herm\u00e8s, Olivetti ou Remington, tout en reconnaissant le grand avantage de pouvoir corriger \u00e0 la seconde, sans noircir le texte de ratures, supprimant ainsi les premiers brouillons, les \u00e9tats successifs, ce qui fait le d\u00e9sespoir des universitaires). Pour ce qui est de l\u2019intendance, j\u2019abuse de la patience de ma femme qui r\u00e9sout tous les probl\u00e8mes mat\u00e9riels et veille \u00e0 mes fautes d\u2019orthographe.<\/em><\/p>\n<header>\n<h1>Entretien\u00a0\u00e0 l&rsquo;occasion de la r\u00e9ception du prix Apollinaire 2013<\/h1>\n<\/header>\n<div>\n<p><strong>avec Pierre-Marie H\u00e9ron, Claude Leroy et G\u00e9rard Lieber \u00a0(extraits).\u00a0Photos : Charlotte Guy et Zelda Hadener.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<header>\n<h1><a href=\"http:\/\/lesuniversdetemple.wordpress.com\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/frc3a9dc3a9ric-jacques-temple-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-545\" src=\"http:\/\/lesuniversdetemple.wordpress.com\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/frc3a9dc3a9ric-jacques-temple-2.jpg?w=440\" alt=\"Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple (2)\" width=\"440\" height=\"330\" \/><\/a><\/h1>\n<\/header><header>Le prix Apollinaire que vous venez de recevoir pour l&rsquo;ensemble de votre \u0153uvre, apr\u00e8s de nombreux autres, rev\u00eat pour vous une importance particuli\u00e8re. Pourquoi ?\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/header>\n<div>\n<p><i>Je ne m\u00e9prise pas les prix, je ne les recherche pas fr\u00e9n\u00e9tiquement. J\u2019en ai eu quelques-uns, dont le prix Valery-Larbaud qui m\u2019a particuli\u00e8rement touch\u00e9. Je les accepte avec gratitude comme le t\u00e9moignage d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 lu avec attention et sympathie. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement nomm\u00e9 pour le prix Apollinaire depuis mon recueil <\/i>Fleurs du Silence<i> en 1968 et j\u2019avais pris l\u2019habitude de ne pas en \u00eatre laur\u00e9at\u00a0! Je suis surtout heureux de rejoindre au palmar\u00e8s deux po\u00e8tes que j\u2019admire et qui ont beaucoup compt\u00e9 dans ma vie, Paul Gilson (1951) et Serge Michenaud qui l\u2019a re\u00e7u un an avant sa mort en 1972.<\/i><\/p>\n<p>On a pu voir en vous un \u00ab\u00a0po\u00e8te cosmique\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0po\u00e8te am\u00e9ricain\u00a0\u00bb ou encore, dans le volume qui vous est consacr\u00e9 aux PULM, un \u00ab\u00a0po\u00e8te univers\u00a0\u00bb. Que faut-il entendre par l\u00e0\u00a0?<\/p>\n<p><i>Probablement que je ne pratique pas une po\u00e9sie\u00a0de laboratoire. J\u2019ai appris gr\u00e2ce \u00e0 ce colloque que le mot univers \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine un adjectif. Je suis donc univers, comme d\u2019autres sont grands ou blonds\u00a0! C\u2019est-\u00e0-dire que suis naturellement attir\u00e9 par la totalit\u00e9 du monde et par sa vari\u00e9t\u00e9. Mais les auteurs du volume publi\u00e9 aux PULM expliquent \u00e7a beaucoup mieux que moi\u00a0!<\/i><\/p>\n<\/div>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/lesuniversdetemple.wordpress.com\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/frc3a9dc3a9ric-jacques-temple-1.jpg?w=440\" alt=\"Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple (1)\" \/><\/p>\n<div>\n<p>Vous faites partie de l\u2019esp\u00e8ce aujourd&rsquo;hui assez rare des po\u00e8tes hommes de radio\u00a0: de 1954 \u00e0 1975 notamment, vous avez dirig\u00e9 les programmes de la station r\u00e9gionale de la RTF puis de l&rsquo;ORTF. Cette immersion quotidienne dans le monde des sons a-t-elle influenc\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture de vos po\u00e8mes, voire votre conception de la po\u00e9sie\u00a0?<\/p>\n<p><i>Je viens de citer Paul Gilson qui a ouvert largement la radio \u00e0 de nombreux po\u00e8tes comme Georges-Emmanuel Clancier, Robert Mallet, Luc B\u00e9rimont, Jean Tardieu, Robert Sabatier, Philippe Soupault, Blaise Cendrars, Michel Manoll, Louis Foucher, Loys Masson et bien d\u2019autres. Mais la radio n\u2019a fait que confirmer pour moi ce que ressentais d\u00e9j\u00e0, que les mots avaient leur musique. C\u2019est plut\u00f4t ma pratique de la po\u00e9sie qui a influenc\u00e9 ma mani\u00e8re de faire de la radio. C\u2019est probablement ce que recherchait Paul Gilson.<\/i><\/p>\n<p>\u00c0 la m\u00e9diath\u00e8que \u00c9mile-Zola, le Fonds Temple qui accueille depuis 2009 vos archives voisine d\u00e9sormais avec un Fonds Joseph Delteil, qui fut pour vous un ami tr\u00e8s proche de 1947 \u00e0 sa mort en 1978. Qu&rsquo;est-ce qui a ciment\u00e9 votre amiti\u00e9 avec ce \u00ab\u00a0merle blanc de la litt\u00e9rature\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p><i>J\u2019avais \u00e9t\u00e9 s\u00e9duit par la couleur et la saveur de son langage et, sachant comme il avait \u00e9t\u00e9 f\u00eat\u00e9 par les plus illustres de ses contemporains, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 surpris qu\u2019il soit, apr\u00e8s la guerre, sinon oubli\u00e9 du moins n\u00e9glig\u00e9. Nous \u00e9tions devenus proches, sans pour autant qu\u2019il fut pour moi un mod\u00e8le litt\u00e9raire, mais plut\u00f4t une sorte d\u2019oncle tut\u00e9laire, jusqu\u2019\u00e0 sa mort. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de ma rencontre avec Henk Breuker. C\u2019est lui qui, en nous achetant une presse \u00e0 bras en 1951, a permis de faire \u00e9clore le groupe de La Licorne. Que je sois d\u00e9sormais son voisin de rayon \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que \u00c9mile-Zola me touche et m\u2019honore.<\/i><\/p>\n<p>Vous aimez dire que la po\u00e9sie vous accompagne de ses \u00ab\u00a0phares, balises ou feux brefs\u00a0\u00bb\u00a0: que voudriez-vous dire \u00e0 ce sujet \u00e0 ceux qui sont venus vous rencontrer ce soir ?<\/p>\n<p><i>Je ne sais si la po\u00e9sie m\u2019accompagne ou si elle me pr\u00e9c\u00e8de pour me montrer la route. J\u2019ai dit dans la pr\u00e9face \u00e0 mon <\/i>Anthologie Personnelle<i> que \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9crire n\u2019est qu\u2019une des nombreuses formes du vivre\u00a0\u00bb et j\u2019ai ajout\u00e9 ailleurs \u00ab\u00a0vivre d\u2019abord\u00a0\u00bb. Vivre, c\u2019est-\u00e0-dire, respirer, regarder, entendre, marcher, parler, dormir, crier, voyager, manger, boire, engranger des images, des sons, des sentiments, des sensations, des joies, des tristesses, qui sont autant de grains \u00e0 moudre pour que naissent les po\u00e8mes qui deviennent en effet, phares, balises et feux brefs. Une fois publi\u00e9s, ils appartiennent alors \u00e0 ceux qui s\u2019y reconnaissent.<\/i><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/lesuniversdetemple.wordpress.com\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/c3a9motion-c3a0-la-fin-de-merry-go-round.jpg?w=440\" alt=\"\u00c9motion \u00e0 la fin de Merry-go-round\" \/><\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align:center;\">\u00a0<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous avons le plaisir de vous annoncer&nbsp;la parution,&nbsp;aux \u00e9ditions Domens et M\u00e9ridianes, de l&rsquo;ouvrage&nbsp;Fr\u00e9d\u00e9ric Jacques Temple : les cent ans, qui&nbsp;r\u00e9unit les actes de la journ\u00e9e d&rsquo;\u00e9tude organis\u00e9e l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Montpellier pour marquer le centenaire de la naissance du po\u00e8te, enrichis d&rsquo;une republication en fac-simil\u00e9 de son premier recueil,&nbsp;Seul \u00e0 bord,&nbsp;devenu introuvable, et d&rsquo;une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-380","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/380","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=380"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/380\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":680,"href":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/380\/revisions\/680"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/frederic-jacques-temple.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=380"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}